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A l’ombre du parasol de Maodo Malick SY

Posté par: Cheikh Ahmet Tidiane DIOUF| Vendredi 21 juillet, 2017 15:07  | Consulté 175 fois  |  0 Réactions  |   

L’homme qui a fait connaître au Sénégalais et au reste du monde l’envoyé de Dieu, sous ses traits les plus fins, par ses écrits, mérite, à bien des égards, d’être salué. Khilassou Zahab est la seule œuvre au monde où on a parlé du prophète Mouhamed (PSL) de l’état lumière à l’état dépouille mortelle en passant par Mouhamed en tant qu’homme à Mouhamed Rassoul Allah en tant qu’incarnation du sceau des prophètes. C’est l’œuvre d’un Sénégalais de taille élancée et d’une beauté légendaire, né à Gaya dans le Dagana entre 1848 et 1855. D’ethnie Al poular. Il est issu des flancs d’Ousmane et de Fawade WELLE.

Au moment où les thiéddos (y compris les animistes) s’adonnaient à la bamboula et la beuverie, entrainant la quasi-totalité des provinces du Sénégal dans les mauvaises ornières de l’ignorance et de la perdition, Cheikhal Hadji Malick SY eut la sainte idée de rassembler ce qu’il a comme disciples pour prier sur le prophète (PSL) et du coup, rendre grâce au Bon Dieu qui nous a envoyé le sauveur de l’humanité. Pour la première fois en 1902, avec son fidèle ami, Mame Rawane NGOM, Maodo passait toute la nuit où le fils d’Abdallah et d’Aminata est né, à réciter le saint Coran au tour d’une lampe à pétrole. C’était la première fois que le Mawloud fut célébré au Sénégal. Je ne parle pas du Gamou qui regroupait les thiéddos pour fêter à leur manière.

Heureusement, à l’ombre du parasol de Maodo, il n’y a que l’« îmaane » et le « takkouwa ». Tout tidiane d’obédience Malickite aimerait, le jour du Mawloud, fouler, de pied ferme, le sol de Tivaouane la sainte, pour fêter l’anniversaire de la naissance de Mouhamed (PSL), l’élu de Dieu, le sceau des prophètes.    

Maodo, le père de Mansour Sy Cheikhal Khawmi, mérite d’être enseigné dans toutes les écoles du Sénégal. Lui qui a très tôt su que c’est l’ignorance qui est la plus dangereuse des ennemis de l’homme. Il n’est pas dans mon entendement d’attribuer à El Hadji Malick Sy, comme étant le chantre de la lutte non armée pour la libération de notre cher pays, par respect à ces gens qui ont payé de leur personne, de leur sang et qui se sont sacrifiés pour l’émancipation d’un Sénégal indépendant. Le débat n’est pas là. Le tidianisme ne réclame rien dans ce bas monde si ce n’est le polissage des âmes pour un perfectionnement quotidien et continuel de l’homme qui côtoie Ibliss (Satan) partout et tous les jours.

La tarikha tidiane, à travers ses différents apôtres au Sénégal, a bien compris cela si bien qu’elle ne s’attarde souvent pas à tenir des discours tendant à égrener les exploits de tels ou tels serignes tidianes, mais des enseignements qui tournent le cœur vers Allah (Soubhana hou wa Taala) et son prophète Mouhamed (PSL). Et ces awliya’ou (pluriel de waliyou) qui se réclament de Cheikh Ahmed tidiane Abboul Abbassi ne sont pas des nains de l’islam. 

Sachant qu’un jour arrivera où celui qui n’est pas très bien formaté et formé, risque de vivre dans la planète des animaux, il prit le parti d’effectuer un périple pour non seulement populariser la tarikha tidiane, mais aussi et surtout pour réveiller l’humain qui dormait dans les peuples très affectés par les pratiques ô combien répugnantes et abjectes des thiéddos et syncrétistes.

De Gaya à Ndiarné en passant par la Mauritanie, partout, le saint homme marqua son empreinte. Dans tous les coins du Sénégal, partout, le père de Seydil Ababacar Sy Al Khalifa, plaça un moukhadame très bien préparé aux enseignements du Coran et des hadiths du prophète (PSL), pour la conscientisation d’un peuple assis à califourchon entre les caprices du thiéddo et l’école « assimilationniste » du colonisateur. Un vrai travail de titan de la part de celui devant qui un représentant de la France métropolitaine s’extasia pour son savoir hors du commun. « El Hadji Malick SY était à l’aise devant toutes les sciences ». Un témoignage conforté par les compétences d’un de ses disciples en l’occurrence, Serigne Hady TOURE de Fass Touré. Celui-ci, grâce aux savoirs qu’il a acquis de son maitre, mit au point des inventions capables de rivaliser les découvertes scientifiques des pays du nord. « Ses » boussoles pour l’orientation des mosquées vers la Ka’aba et « Ses » montres pour l’indication des heures de prière, attestent que El Hadji Malick Sy était de loin devant les hommes de sa génération.

La plus grande bataille que Cheikhal Hadji Malick a livrée et gagnée devant les colons c’est sans aucun doute l’implantation des zawiyas qui tutoyaient les églises ou les maisons des représentants de la France Métropolitaine au moment où tout acte de ce genre était vu par les blancs comme une provocation si ce n’est un audacieux défi de l’islam contre les missionnaires, soi-disant investis d’un rôle de « civilisateur » dans une « Afrique qui vit une éternelle nuit noire », pour reprendre les termes du philosophe allemand, Martin Heidegger !

Allez faire un petit tour à Saint-Louis du Sénégal, à Dakar-Plateau, à Kaolack et à Tivaouane, vous allez vous rendre compte que Maodo (l’Aîné ou le Grand) comme son nom l’indique, n’a pas son «deux» en Afrique noir ! Partout les mosquées poussent comme des champignons, partout, les voix s’enflent à l’aurore comme au crépuscule pour mettre le Sénégal dans un climat paisible et dans une atmosphère de prospérité. Qui a fait mieux ?

Toutes les voix autorisées de son temps était d’accord que le père de Dabakh avait fini de prendre la couleur du prophète en marchant toujours sur ses pas. Il exhalait l’odeur du Paradis tellement, il était loin des choses mondaines qui ont pu gangrener certains hommes qui se disent pourtant très proches de Dieu. Les propos d’un de ses contemporains et non moins  grand érudit de l’islam disait ceci : «je ne veux pas d’un Paradis où El Hadji Malick SY n’élira pas domicile ». Cela veut tout dire !

A l’heure où le nombre des marabouts au Sénégal est supérieur à celui des talibés, moi je préfère aller me blottir à l’ombre du parasol de Maodo à Tivaouane pour profiter des retombées des prières de cette nuit commémorant la naissance du plus beau des hommes,  du plus généreux, du plus populaire, du plus noble. Les superlatifs ne manquent, certes pas, (wolay ndèysane) envers cette créature qui sans lui, il n’existerait aucun individu sur terre. Je veux nommer celui là à qui Lamartine a rendu un vibrant hommage à travers ces quelques lignes pleines d’enseignements et de modestie : « si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mouhamed ».

Gaayi Tiwawon a wooté diog lène wouyou djiko kou diog wouyou dji Mame Ass ame thièye ngueureum !

Cheikh Ahmeth Tidiane DIOUF

 L'auteur  Cheikh Ahmet Tidiane DIOUF
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