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Les archivistes, ces misérables de la Fonction Publique

Posté par: Cheikh Ahmet Tidiane DIOUF| Vendredi 21 juillet, 2017 14:07  | Consulté 151 fois  |  0 Réactions  |   

Au regard de ce qui se passe dans les Archives, la question du traitement salarial des archivistes mérite à bien des égards, d’être revue et résolue une bonne fois.

Conscientes de l’importance que revêt la gestion des documents administratifs, les autorités de l’Alternance, une fois à la tête du pays, ont agi très vite en procédant à un recrutement, par vingtaine, d’archivistes diplômés. Dans les ministères et autres services publics la venue de ces gardiens de la mémoire collective est vivement saluée. Les paperasses entassées dans bureaux et couloirs engendrant des goulets d’étranglement et la perte des dossiers   ne sont plus que de vieux souvenirs. Heureusement pour l’Ecole des Archivistes, Bibliothécaires et Documentalistes (EBAD) dont le nombre des formés trouve de plus en plus du travail et par voie de conséquence grandit sa notoriété d’année en année.

Mais force est de reconnaître que le recrutement massif des archivistes dans la Fonction Publique n’est pas synonyme de bonne santé financière chez eux.

Poussière, moisissures, insectes, rongeurs, fuites d’eau au niveau des sous-sols (ou sont logées les archivistes comme pour purger une peine)  sont les différents dangers auxquels ils sont confrontés et contre lesquels ils luttent vaille que vaille, chaque jour, pour le bon fonctionnement de l’Administration et au détriment de leur vie. S’y ajoutent la discrétion sur les dossiers dits confidentiels ou estampillés « secret » à laquelle ils sont contraints, au risque d’être tombés sous le coup de la législation archivistique autrement dit, en prison.

Alors donc, par le biais des archivistes, l’Etat gère parcimonieusement son passé et celui des hautes autorités présentes et récentes. D’ailleurs c’est dans cette optique que Maria Antonietta MACCIOCHI révèle : « chaque pouvoir surveille à la source la connaissance du passé et ensevelit dans les archives ce qu’il ne peut dévoiler au risque de se remettre en cause. »

C’est dire donc que le métier d’archiviste n’est pas de tout repos. Il est risqué à tout point de vue.

Et pourtant le traitement salarial que subissent ces professionnels ne reflète pas le travail de titan qu’ils abattent tous les jours. Un bulletin de salaire sans indemnité, ni prime leur est remis chaque fin de mois sans tenir compte des charges familiales et pressions sociales venant de part et d’autre. Dire que les risques sont nombreux ! Dire que les techniciens de l’information documentaire sont des purs produits de l’Université Cheikh Anta DIOP, avec un niveau bac + 2 …

Certains voient dans l’ostracisme dont les archivistes sont l’objet, leur mutisme par rapport à certaines situations sociales des travailleurs de la Fonction Publique et leur non inféodation à un quelconque syndicat pour la revendication de leurs droits. En fait,  l’écartement de ces gardiens notre conscience nationale ou du moins leur marginalisation de la politique de rémunération des agents de l’Administration en est une preuve tangible.

Les responsables de cette politique de rémunération ont écarté, ad libitum, les techniciens de l’information documentaire du pactole à partager depuis 2004 sur 3 (trois ans). Et pourtant ces communicateurs devaient être les chouchous de l’Administration compte tenu des informations secrètes et confidentielles qu’ils détiennent. « Qui détient l’information détient le pouvoir » nous faisait-on croire !

Pourquoi ? Au nom de qui ? Et en vertu de quoi ces techniciens de l’information documentaire sont-ils mis toujours dans les oubliettes au moment des ajustements salariaux ? C’est parce qu’ils sont « des rats d’archives » ou des « rats de bibliothèque » pusillanimes qu’on doit, à tout prix, faire passer à la trappe et  réduire à la pauvreté ?

Là où les secrétaires d’administration (même hiérarchie que les archivistes, documentalistes et bibliothécaires) perçoivent 120.000f CFA comme indemnité de responsabilité particulière, les archivistes tendent la sébile pour ne pas dire mendient.

En fait de responsabilité, les archivistes sont plus méritants ; eux qui ont un pas dans l’administration et un autre en prison puisqu’ils ont prêté serment. Ils ont un devoir de réserve et un secret professionnel digne d’un officier de l’armée. Un seul bout de papier ou un coup de gueule dans la rue signifie catégoriquement leur envoi à Reubeuss. Cette différence kilométrique entre le traitement des archivistes et des autres corps de l’administration est peut-être à chercher dans le fait que ces buveurs de poussière ne battent pas le macadam pour la revendication de meilleures conditions de travail. C’est la «gigantesque muette » me direz-vous. Et pourtant on les surnomme les gardiens de la mémoire collective. Allez savoir pourquoi.

Dans tous les cas, il est grand temps que les archivistes et leurs collègues sortants de l’EBAD obtiennent la considération que l’Administration sénégalaise leur doit à l’instar des autres corps plus nantis et pas plus méritants qu’eux. Et que cessent les leurres et lueurs, pour qu’au bout du tunnel jaillisse la lumière financière.

 

Cheikh Ahmeth Tidiane DIOUF

 

 

 L'auteur  Cheikh Ahmet Tidiane DIOUF
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Cheikh Ahmet Tidiane DIOUF
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